L’inceste, c’est quoi ?

Qui a le droit d’infliger à des enfants des blessures qui vont leur ôter à jamais leur innocence ? Comment peut-on mettre de la tristesse dans les grands yeux purs et crédules de l’enfance ? A quel point les manques affectifs ressentis par l’enfant vont-ils marquer le corps au fer rouge, et ne plus laisser place aux émotions emprisonnées dans une souffrance muette et indicible ? Pourquoi les traumatismes de l’inceste déposent à jamais les empreintes indélébiles sur la peau fragilisée de l’adulte en devenir ?

Les traumatismes de l’enfance

les blessures qui se réveillent

Les traumatismes de l’enfance nous poursuivent toute notre vie, les blessures nous guettent et nous frôlent souvent, quelquefois juste pour une odeur qui nous rappelle un souvenir, une rencontre qui fait resurgir le passé, des mots prononcés innocemment qui viennent transpercer notre corps et le faire saigner.

LA RAISON ET LA PASSION *

 Athéna est généralement considérée comme la déesse de la raison, de la fécondité et de la sagesse, avisée et sage, elle fuit les passions de l’amour ; vierge, elle est protectrice des enfants ; guerrière elle est inspiratrice des arts et des travaux de la paix. Elle joue aussi le rôle de protectrice des sciences et des arts. Elle est une très énigmatique personne, celle sans doute de toute la mythologie grecque, dont l’être nous reste le plus secret. Elle symbolise la combativité, l’intelligence, la victoire par la sagesse et par la vérité mais elle symbolise surtout la création psychique et l’évolution de la conscience humaine.

Je ne désire qu’une chose, donner de la chaleur aux cœurs blessés, aider mon prochain, j’aimerais créer une association qui s’appellerait « une vie à se construire ». J’aimerais être consultante philosophique et au sein de mon association, organiser des séminaires rencontres mettre en pratique au quotidien les méthodes d’un enseignement basé sur l’apprentissage d’un système relationnel essentiel au sein de la famille, du couple, et des différents mondes que nous côtoyons tous les jours. Mais je suis aussi une adulte en quête tous les jours du vrai bonheur et de l’approfondissement de ses propres valeurs, de son respect et de sa liberté d’être, d’aimer et d’être aimer.

Quelquefois, je me sens seule, apeurée par ce grand mur dressé en face de moi, infranchissable, cette d’incompréhension qui m’isole dans un désert immense, chaud et aride sans même une oasis pour s’y désaltérer !

Cet oasis, ce serait L’Amour mais en ces instants d’intense solitude, il n’est pas là pour assouvir ma soif, baigner mon corps d’insouciance, inonder mon âme de sa voix brûlante, douce et chaleureuse. Je voudrais être une fée et d’un coup de baguette magique m’envoler jusqu’à lui, pénétrer en lui, m’infiltrer comme une espionne pour le mettre à nu de ses secrets et fantasmes, dérober son intimité, le faire prisonnier de mes entrailles, me faire geôlière de son bonheur, qu’il devienne explorateur de mon être, que je devienne une île sans homme ni bateau où il aimerait à se reposer, à l’ombre de mes côtés, à la lumière de mon soleil.

L’autre nuit, je n’ai presque pas fermé l’œil de la nuit, insomnie totale, je déteste, il faut dire que les émissions de télé n’étaient pas particulièrement « bonne nuit les petits », plutôt du genre à faire réfléchir, ce que je fais d’ailleurs.

La blessure du corps qui se réveille souvent, comme ce volcan qu’on aurait cru endormi à jamais.

Les enfants meurtris par ces adultes, eux-mêmes sans doute traumatisés ; ces douleurs qui ne se cicatrisent pas, l’enfance volée, brisée, isolée, l’adolescence perturbée et l’age adulte en équilibre sur le fil tendu du sol au ciel. Ces années de souffrance solitaire, passées à se cacher, se calfeutrer, à essayer d’oublier, d’accepter la peine qui prend le corps entier, qui pénètre, fait mal au ventre, mal au cœur ; tristesse émotionnelle du petit enfant qui ne comprend pas, et qui se brise lentement, pas assez mure pour résister, se battre, s’enfuir.

Ces images qui reviennent à la mémoire lorsque l’on s’y attend le moins, pourront-elles un jour s’effacer ?

J’ai fait la traversée du désert émotionnelle, j’ai surmonté mes manques affectifs, j’ai survécu à l’étouffement du pouvoir des adultes, ceux là mêmes qui disaient agir pour mon bonheur.

Ceux là même qui m’ont menti en me faisant croire à l’amour, dans leur folie égocentrique.

*Extrait du livre « Adieu Voleurs de Vie »

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Inceste, comment se faire aider ?

Lorsque j’ai compris que j’avais été victime d’inceste vers l’âge de quarante ans, à l’aube de ma sortie de ce déni qui m’avait maintenu dans une magnifique tour d’ivoire, tel ce poète solitaire et introverti, j’ai commencé un long parcours du combattant afin de trouver les meilleures armes pour me défendre.Durant cet acheminement, j’ai trouvé plusieurs aides possibles :

  • l’entraide sur les forums de discussion
  • la lecture de témoignages de survivants
  • l’information sur l’inceste, les conséquences et les soins
  • la justice et la prescription
  • les groupes de parole

j’ai suivi pendant environ une année un groupe de parole sur Paris et cela m’a fait comprendre que si je voulais m’en sortir, il me fallait sortir de ce statut de victime, certes j’étais une survivante mais je ne souhaitais plus me considérer comme une victime, je voulais avancer dans ma vie.

J’ai aussi tenté une procédure auprès de la justice en portant plainte auprès du procureur de la république mais je n’ai jamais eu aucun retour dans toute cette logique implacable de la prescription.

« Ne cherche pas à te venger, laisse faire le temps, la roue tourne, tout se paye un jour, la justice Divine existe »

J’ai laissé faire la justice Divine, et j’ai eu un juste retour des choses.

Comment j’ai survécu à l’inceste ?

Comment surmonter cette violation du lien de dépendance d’avec les repères parentaux ? Comment surmonter ces façons inappropriées dont j’ai été regardé et conditionnée ? Comment intégrer ces attaques aux frontières sexuelles qui déstabilisent, détruisent la relation de confiance en l’homme mais aussi en la mère ?

Se construire en grandissant dans un monde de grands qui vous paralysent, détruisent votre regard et vous imposent les mauvaises cartes, c’est se préparer à vivre d’incessantes difficultés comme un survivant. Je me suis battue contre mes cauchemars, contre mon corps qui pour moi était responsable, contre mes troubles alimentaires, contre mes angoisses et mes dépressions. Je me suis sentie coupable, je m’en suis voulue de ne pas avoir trouver la force de partir, je me suis dévalorisée et manquée de respect, je ne savais pas dire « non », et j’ai souvent fait de gros compromis. Je me sentais mal tout le temps, isolée dans ma tête et dans le silence, inapte aux relations sociales épanouies. j’ai très souvent noué des relations conflictuelles et ambiguës, et je suis retombée dans des schémas répétitifs. J’ai développé une difficulté majeure devant le bonheur, je fuis la lumière, je déteste me voir nue dans les miroirs en pleine lumière, je n’accepte pas mon corps. Et bien sur, j’ai développé des problèmes vis à vis de la sexualité, j’ai recherché le pouvoir et l’affectivité au travers de la sexualité, j’ai été une séductrice compulsive et j’ai mis longtemps à comprendre et accepter l’amour.

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Mais aujourd’hui, je suis heureuse ! je ne suis plus une victime, je m’épanouis de jour en jour et j’aime la vie. J’ai fait le choix du bonheur et même s’il persiste des doutes, je ne veux plus jamais me faire vivre l’irrespect de la personne que je suis vraiment. J’ai survécu à l’inceste et j’en sors grandie d’une nouvelle lueur en mon coeur. Cependant, pour survivre à ce traumatisme, j’ai parcouru un long chemin. Vers trente-six ans, j’ai commencé à me poser des questions et à accepter l’aide de professionnels. J’ai rencontré de nombreux psychothérapeutes, et commencé des thérapies entrecoupées de résistances et de dénis. Puis j’ai fait des dépressions, pris des anxiolitiques et des anti-dépresseurs. Enfin, je suis allée consulter un psychiatre qui m’a diagnostiquée bipolaire et donné un traitement avec un thymorégulateur. Les dix années passées en thérapie ont été les plus difficiles de ma vie, j’ai laissé un océan de larmes dans les cabinets de mes psys, j’ai abandonné mon corps convulsionné de peurs et d’angoisses dans les bras de mon Homme, je suis tombée dans le puit insondable de mon inconscient tellement profondément que j’ai eu envie d’y mourir. Et j’ai continué mon parcours du combattant jusqu’à aujourd’hui où j’ai crée ce blog, et achevé mon livre.

J’ai choisi d’être libre et heureuse !

C’est de cette manière, grâce à mon esprit combatif, grâce à l’amour inconditionnel que je porte à mes enfants, grâce à l’homme de ma vie, que j’ai résisté et gagné.

combattre ses démons

 

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