Les liens toxiques

La dépression est une prison de l’enfer d’où jaillissent les feux des dragons. Nul n’ayant connu cet emprisonnement ne peut entendre la souffrance de celui qui y est enfermé. Personne ne peut aider, et surtout personne ne peut dire « allez, prends sur toi, ne te laisse pas aller, fais un effort, arrête de faire calimero ». Et pourtant beaucoup le font. Quand la dépression fait surface, elle est une noyade perpétuelle dans le fond d’un océan vide de tout. Le corps est lourd de maux qui égratignent à coups de griffes acerbes, le coeur est vide de larmes trop longtemps contenues, les cicatrices du passé saignent, le présent n’est qu’un enchevêtrement d’espaces morts, le futur n’est que peur et désespoir. L’enfance et les liens destructeurs parentaux surgissent comme des vagues déferlantes sur l’adulte en panique d’une relation entachée de peurs, de blessures infligées, d’innocence perdue, d’incompréhension alourdie de trop peu d’amour.

La dépression

MA DÉPRESSION *

Ainsi a débuté ma dépression, puis mes excès menant à mon divorce, mes sorties pour m’évader d’un vide impossible à combler, ma descente vers la névrose installée bien confortablement dans mon ventre qui me fait souffrir depuis des années à coup de crise de colites douloureuses, ce corps qui me parle et que je n’écoute pas.

Cette maladie n’est pas comme les autres, un traitement antibiotique, des anti douleur et du repos. Non, elle est beaucoup plus sournoise, elle attaque sur tous les fronts, et donne toutes sortes de maux, nausée, migraine, fatigue, ventre ballonné, vision de soi déformée, dégoût.

Lorsqu’elle vous laisse tranquille « sois sage Ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille », c’est pour mieux attaquer quelque temps plus tard, vous laissant encore plus démuni et dépouillé d’énergie, dans un enfermement et repli sur soi total, l’esprit martyrisé de pensées morbides et le désir malsain de vendre son âme au diable et aux flammes de l’enfer pourvu qu’il nous délivre de cet (enfer)mement.

Je connais bien les flammes du démon pour m’y être approchée de très près, trop près quelquefois. Pour avoir dérapé sur une pente de plus en plus raide, devenue tellement enneigée que j’ai failli y laisser ma peau sous l’avalanche de culpabilité.

Cette maladie mène le cœur et l’esprit vers des chemins où le danger culmine ; vers des cavernes habitées par des ours sauvages, vers des forêts peuplées de loups affamés, vers des cieux menaçants de foudre, vers des dieux puants de honte et de cruauté.

Je me suis aventurée dans des chemins d’où je suis revenue affaiblie, grandie de mal-être, empoisonnée d’une estime de moi au goût âpre ; le voyage n’étant pas désagréable, je me suis laissée porter, dansant nue sous une pluie d’inconscience et de légèreté, me laissant inonder par les parfums exotiques, oubliant l’espace de quelques jours toute réalité concrète, me laissant bercer par la douce illusion de l’utopique. Je n’ai pas contrôlé, dérapage insoumis, manipulée par les hautes sphères de l’inconscient, lui-même abusé par l’indestructible instance maternelle.

Mon psy ne désirait pas que je fasse ce voyage avec ma mère, il en connaissait les dangers, il savait que je ne saurais prendre ma place de femme et me laisserait duper par celle de petite fille.

Et sous le regard ensorcelant d’une mère à la puissance phallique, je n’ai pas su affronter, prendre mon envol, je me suis brisée une fois de plus. Ces ailes qui commençaient à m’emporter vers la douce sensation de sérénité et d’apaisement, devenues fortes et stables pouvant vaincre tempêtes et naufrages, m’apportant douceur et me réchauffant d’un doux plumage d’amour, de tout ce qui peut faire qu’un être humain puisse vivre en harmonie avec lui-même et dans la vérité et le respect. Elles n’ont pas soutenu la femme encore fragile.

Je me sens mal dans mes kilos, je ne m’aime plus dans le miroir, m’y sent moche, mais c’est de l’intérieur que je me déteste, de cette trahison de moi-même. Face à ma mère, je me suis retrouvée avec les peurs du petit enfant qui n’ose se rebiffer de crainte de perdre l’amour idéalisé et tant attendu, en prise avec cette faim, cette quête de vraie communication empoisonnée par la méfiance issue de l’enfance, ce poison qui s’insinue depuis plusieurs mois dans l’intimité de ma vie de couple.

Depuis mon retour de vacances, j’ai des crises de boulimie et ne me supporte plus, j’ai des migraines terribles et cela se produit à chaque fois que ma mère reprend la main mise sur moi, cette dépendance tragique d’être attachée à elle par toutes les fibres bien que j’en souffre, préférant être malade plutôt que de prendre le risque de lui déplaire, sacrifier mes propres besoins.

J’ai toujours été une enfant sage, ne voulant pas poser de problème, menant une vie scolaire sans encombre, portant un masque. Je me réfugiais dans la boulimie comme tous ces êtres qui ont grandi privés de communication émotionnelle et qui traînent derrière eux les troubles de la conduite alimentaire, la haine et le dégoût de soi, simplement pour ne pas perdre l’illusion de l’amour et être comme le souhaite les parents, qui aiment le masque de leurs enfants.

Ainsi pour mériter l’amour, j’ai pris la fuite, afin de mieux nier et réprimer certaines de mes émotions fortes allant à l’encontre de leurs désirs, je me suis enfermée, confrontée au chaos insécurisant face à ces adultes qui n’ont jamais essayé d’être au clair avec leurs propres sentiments, qui se sont débrouillés avec leur contre-vérité en la transmettant inconsciemment (ou consciemment… ?) à la génération suivante et en exploitant leur enfant pour la satisfaction de leur propre besoin.

Et ces gosses devenus grands cherchent toute leur vie la vraie subsistance, leurs corps se retrouvent tant dans la fuite que dans la quête d’une nourriture non donnée par la mère, et continue de s’illusionner par l’automystification si bien menée par les parents.

Je suis dans un état d’épuisement, refusant de prêter attention à la mémoire de mon corps, mais n’en pouvant plus de cet enfermement infernal, j’ai décidé grâce à mon psy et avec l’aide de mon conjoint « deux témoins lucides », mes alliés, de lever le refoulement et d’abandonner le déni afin de voir la réalité de mon enfance et de détruire le travail destructeur de « mes parents intériorisés », j’ai décidé de devenir adulte.

Et pour le devenir, il faut arrêter de rester prisonnier du système des attentes infantiles, arrêter d’embellir les actes et comportements parentaux et ne pas s’arranger de l’idée du pardon donné trop vite et trop futilement sans en peser les conséquences, car ces compromis pour ne plus ressentir la haine ne font que la recouvrir et l’intensifier dans l’inconscient.

Devenir adulte, c’est s’octroyer le droit de ne plus se laisser contrôler, c’est ressentir la souffrance refoulée, c’est poser des actes. Rompre l’attachement pathogène aux parents, arrêter de s’illusionner, en finir avec le sentiment de gratitude et de culpabilité, se libérer de sa dépendance, abandonner les attentes d’un dialogue vrai avec eux. C’est aller contre les lois morales qui menacent la vraie vie d’étouffement en voulant à tout prix leur montrer de la gratitude même s’ils vous ont tourmenté. Oser prononcer le non, laisser jaillir les silences et les renonciations.

 ***

*Extrait du livre « Adieu voleurs de vie »

Les liens parentaux toxiques

Les enfants viennent au monde pour être aimés, choyés, éduqués. Certains parents détruisent à la source la confiance, la pureté, l’innocence.

« Et ces gosses devenus grands cherchent toute leur vie la vraie subsistance, leurs corps se retrouvent tant dans la fuite que dans la quête d’une nourriture non donnée par la mère, et continuent de s’illusionner par l’automystification si bien menée par les parents ».

« simplement pour ne pas perdre l’illusion de l’amour et être comme le souhaitent les parents, qui aiment le masque de leurs enfants ».

Les parents castrateurs, les démoniaques, les pervers narcissiques, les maltraitants, les violents, les absents, les tueurs de petits bonheurs simples et vrais. Ces parents ou ces repères parentaux qui emprisonnent leurs proies et leur délivrent des morsures  à chaque parole vénéneuse, des cicatrices à chaque intrusion dans une intimité fragile. Ces parents toxiques sont bien souvent des malveillants, des manipulateurs, des destructeurs d’âme, incapables de donner de l’amour, et le soutien nécessaire à toute bonne construction de l’adulte en devenir.

« Il m’aura fallu plus de quarante ans pour couper le cordon qui me liait corps et âme aux images parentales que j’avais sans aucun discernement mises sur un piédestal extrêmement haut, entouré de murailles qui me paraissaient infranchissables. »  

Extrait du livre Adieu voleurs de vie

Le pervers narcissique : fuyez !

Le pire de tous les dragons de ma vie.

le pire dragon de ma vie

Le destructeur à haute échelle de mon estime de moi, le faiseur de belles paroles. Celui qui se prenait pour Don Quichotte, héros généreux se battant pour un idéal, la tête dans les étoiles, prêt à s’enflammer pour de grandes causes. Celui qui vous fait croire qu’il est un chevalier, et que vous êtes son âme-soeur. Cet homme m’a toujours appelée sa princesse, et a voulu faire de moi sa chose. Evidemment comme tous les pervers narcissiques, il savait se faire passer pour un grand homme, cultivé, intelligent, charismatique, éloquent et d’une générosité sans borne. C’est le double visage de cette personnalité toxique. J’étais, pour ma part, subjuguée par cet homme que j’avais mis sur un piédestal. Lui, m’avait mise en prison, une magnifique prison, il en avait la clé mais j’étais responsable de cet enfermement. Les pervers narcissiques sont des sadiques, qui détruisent leurs victimes sans en ressentir aucun regret. Ils ne connaissent pas l’empathie, ils ne savent qu’exploiter leurs proies pour leur propre plaisir, ils ne sont jamais sincères, ils vous détruisent pour mieux se construire eux-mêmes.

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