L’inceste

Inceste, relations entachées de sexualité entre parents très proches, tueuses de vrais sentiments d’amour, d’élans de vie, de rires et de tendresse. Lorsque l’on est enfant, on aime rire et chanter, jouer à la poupée, au papa et à la maman, on est dans l’insouciance totale et sans mesure de ces moments qui n’appartiennent qu’à l’enfance et qui restent sous le joug décisif des adultes. L’inceste est une expérience tellement traumatique que ses victimes peuvent oublier qu’il s’est même produit.

Quelles sont les conséquences de l’inceste ?

  • La somatisation est la façon indirecte et inconsciente que le corps prend pour donner réponse au traumatisme. La victime souffre de nombreux maux tels que les migraines, les maux de ventre, les cystites à répétition, les troubles gynécologiques, les problèmes aux articulations, etc.
  • L’image du corps est en conflit permanent, la victime n’aime pas son corps et ne l’accepte pas. Elle peut le considérer comme son ennemi numéro un puisqu’il l’a trahie et qu’il est « responsable » de ce qui lui est arrivé. Elle n’aime pas les miroirs , elle les fuit, elle n’aime pas se voir à la lumière du jour et préfère la pénombre.
  • Les troubles alimentaires font partie du quotidien que ce soit de l’anorexie ou de la boulimie, la victime va se réfugier dans la nourriture pour se remplir d’un amour qu’elle a perdu et dont elle est en quête, ou elle va refuser de se nourrir.
  • La victime peut avoir des conduites addictives envers l’alcool, la drogue, le sexe.
  • La tendance à la dépression, la tristesse, l’anxiété, les angoisses, les peurs irraisonnées, pouvant aller jusqu’à la tentative de suicide.
  • Il y a chez la victime un gros souci de personnalité, elle se sent inutile, transparente, honteuse, coupable. Elle n’a pas confiance en elle et son estime en elle est faible voir inexistante.
  • La dépendance affective et émotionnelle est un axe majeur sur lequel elle a fondé sa personnalité, ce qui fera de sa vie un enchaînement sans fin de schémas répétitifs destructeurs.
  • La victimisation l’enferme dans une prison qu’elle a tendance à vouloir garder comme pour se protéger.
  • Sa vision du monde est erronée, il lui arrive de se sentir folle ou différente, de porter un lourd secret dont personne ne voudra.
  • La problématique liée à la sexualité est sans doute la plus complexe et la plus difficile à appréhender pour la victime d’inceste.

Ma dépendance affective

COUPER LE CORDON *

Il m’aura fallu plus de quarante ans pour couper le cordon qui me liait corps et âme aux images parentales que j’avais sans aucun discernement mises sur un piédestal extrêmement haut, entouré de murailles qui me paraissaient infranchissables. Il avait commencé à se fragiliser depuis quelques années, puis il s’est brisé définitivement, cassé en mille morceaux.

Je devrais dire chaîne plutôt que cordon, nous étions ma mère et moi dans une secte dont le gourou était B. Et comme aurait dit mon psy, il est très difficile d’en sortir surtout si le lavage de cerveau s’est déroulé pendant de nombreuses années, ce qui est notre cas.

J’avais quatre ans lorsque ma mère a rencontré cet homme, elle en avait trente. Il était notaire et il représentait la réussite sociale dont elle rêvait.

J’ai commencé à cisailler cette attache par des prises de conscience progressives qui ont commencé à voir le jour quand moi, je ne voyais plus que du noir. J’avais alors environ trente-six ans. Quant à ma mère, il était son Dieu tout puissant, sa rencontre avec lui fut un véritable coup de foudre.

Cette histoire aurait pu être la belle histoire d’amour et nous aurions pu former une famille formidable. C’était d’ailleurs l’image qui se reflétait de nous, un trio extrêmement uni par des liens qui n’étaient pas que de sang. Me couper de ce joug pervers et malsain qui m’unissait à ceux que je nommais depuis toujours « mes parents » était ma seule issue, mais pour eux, cela représentait un échec cuisant, surtout pour B qui était très fier de ce qu’il pensait être sa divine création. Pour ma mère, se défaire de moi, c’était comme se morceler en deux, car j’étais devenue elle, je n’étais que sa continuité, en plus jeune, plus jolie, et peut être plus intelligente.

En tout cas, j’étais dépendante d’elle et ce pouvoir qu’elle avait sur moi me paralysait. C’était comme si nous étions ligotées par un pacte secret. Je voulais m’en délivrer, l’aveu du secret libère l’âme et l’esprit enfin dégagé peut régner sans contrainte, c’est l’être entier qui se trouvant affranchi de ses chaînes peut enfin suivre ses orientations spirituelles.

C’était là mon souhait le plus cher, me relaxer de ces frayeurs qui m’assiégeaient dès mon réveil, me dévoraient le ventre, et me faisait vivre le mythe de Prométhée : « Quant à Prométhée aux subtils desseins, Zeus le chargea de liens inextricables, entraves douloureuses qu’il enroula à mi-hauteur d’une colonne. Puis, il lâcha sur lui un aigle aux ailes déployées et l’aigle mangeait son foie immortel, et le foie se reformait la nuit, en tout point égal à celui qu’avait, le jour durant, dévoré l’oiseau aux ailes déployées ».

Je n’en pouvais plus de ces angoisses, elles me détruisaient de jour en jour, mais elles n’étaient pas là pour rien, et je ne prenais pas de médicaments antidépresseurs ou anxiolytiques pour me donner l’illusion de la guérison.

Non, je préférais les laisser me prendre les tripes, car je savais qu’elles avaient un sens et que je le découvrirais le jour venu. Lorsque j’ai vraiment pris la décision de couper ce lien destructeur qui me liait à ma mère, elles ont disparu. Je me suis réveillée un matin et dans mon ventre, tout était calme et reposé, c’était divin, magique et tellement bon. J’étais libre. Emancipée mais fâchée avec ma mère.

Certains parents sont tellement castrateurs et possessifs que les enfants n’ont pas d’autres choix que la rupture pour accéder à leur moi profond et à leur vérité, et ne commencent réellement à vivre qu’après la mort psychique de leur père ou mère, d’autres devront même attendre leur disparition physique.

Pour ma part, j’avais tué cette mère qui me faisait du mal, mais rien n’aurait pu me séparer d’elle, il est des paradoxes qui ne s’expliquent pas, c’est ainsi. Rien même sa mort physique, je m’y étais préparée, car elle était atteinte d’une récidive de cancer du sein et du poumon, que les médecins m’avaient prévenue que son traitement en chimiothérapie ne lui donnerait qu’une rémission dont ils ne pouvaient pas me certifier la durée.

Une mère ne disparaît jamais, elle nous côtoie de façon indicible, elle coule dans nos veines.

*Extrait du livre « Adieu voleurs de vie »

Retrouver  confiance en soi, Trouver l’estime de soi

La confiance en soi et l’estime de soi se sont envolées en même temps que l’innocence et la pureté de l’enfant qui a été abusé. Pour celui qui a été abusé dans le cercle familial, ce sont tous les repères qui sont chamboulés. Pourquoi les personnes en qui j’ai confiance agissent ainsi avec moi ? Est-ce normal ?

voyage intérieur

Non, ce n’est pas « normal », mais un enfant est-il capable dans sa vision du monde de décrypter ce qui est normal ? Il subit une éducation, il subit les mots, il subit les actes. Il grandit avec des notions tronquées, des émotions clouées, des rêves oubliés, une confiance en lui erronée, une estime de lui effacée. L’enfant maltraité devra se reconstruire et réapprendre à s’aimer, à estimer sa valeur intrinsèque, à évaluer ses forces et ses faiblesses, refaire confiance à la vie et lui trouver un sens. Ce sera un long chemin de thérapie et de développement personnel pour trouver les armes et apprendre à s’en servir pour mener le combat contre soi-même. L’enfant devenu grand se verra parcourir les déserts, les océans, les montagnes, les vallées de son aventure intérieure.

Décider. Changer. Oser. Grandir. S’éveiller.

Changer sa vision du monde

Nous n’avons pas la capacité de changer le monde, nous pouvons tout au mieux apporter chacun à notre niveau une goutte d’eau qui fera avancer le monde progressivement. Nous pouvons par contre modifier considérablement notre manière de voir le monde, notre manière de l’appréhender et de fonctionner. Nous pouvons faire le choix d’envisager un combat contre nous, contre nos pulsions à nous comporter avec respect envers la nature et envers les autres, ou bien avec irrespect, clivage des autres, colère envers les autres, violence et manipulation. Nous possédons en nous cette énorme richesse du pouvoir de décision sur nos actes, et le libre arbitre de notre destin.

choisir son chemin

Si nous le décidons, les outils de connaissance de soi sont à notre portée. Il existe une multitude de livres pouvant nous ouvrir au cheminement vers notre identité. Internet est florissant d’articles passionnants et de vidéos faciles à appréhender. Sans avoir à dépenser beaucoup d’argent, nous pouvons modifier notre vision du monde, nous détenons cette liberté de décider de la façon dont nous souhaitons voir les choses qui nous entourent. Alors à la question « comment changer sa vision du monde » ? je dirai simplement en décidant de changer sa vision du monde puis de travailler dans ce sens à chaque instant de notre vie.

« La liberté que nous avons à chaque instant de choisir notre chemin »

Sortir de la victimisation

Très longtemps, je suis restée dans la victimisation. Je m’y suis réfugiée comme pour être intouchable. Pour une personne qui a subi les attouchements sexuels dans l’enfance, être intouchable est un moyen de défense inéluctable. Cette personne se barricade et pose des frontières entre elle et les autres. Mais ce sont des frontières bien souvent mal gardées. Pour ma part, je n’avais mis aucune frontière entre les autres et mon corps que je m’amusais à donner en patûre à qui voulait. C’était comme si ce corps ne m’appartenait pas, il m’avait trahie, il m’avait salie, il n’était pas vraiment moi. J’avais dissocié corps et esprit. Je n’aimais pas ce corps et je lui faisais comprendre.

ne plus être victime

Le fait de me considérer comme une victime (ce qui est vrai, les maltraitances de toutes sortes sont perpétrées sur des personnes, enfants ou adultes qui en sont les victimes) est devenu à un moment de ma vie un frein à mon épanouissement. J’ai arrêté de me considérer comme une victime le jour où j’ai décidé de sortir la tête du trou dans lequel je l’avais enterrée. J’ai entretenu longtemps la croyance que ma vie était difficile, que je ne m’en sortirais pas seule, que je n’étais pas assez forte pour m’en sortir, et que de toute façon, cet état de souffrance était le seul que je connaissais parfaitement et que je ne pourrais jamais vivre autrement. Cet état de « victimisation » ne m’a pas aidée à avancer ni à prendre sur moi lorsque j’étais au plus bas. A certaines périodes de ma vie, la dépression était trop forte et je ne pouvais pas gérer mes états d’âme. C’était le gouffre, tout simplement et ceux qui ont connu la dépression se reconnaîtront. Mais à d’autres moments de ma vie, je pense que j’aurais pu abattre plus facilement les murs autour de moi et remonter les courants de mes rivières endormies, si j’avais dit bye bye calimero.

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