Les émotions

La colère

De la colère à la tristesse, de la fureur à la peur, en passant par le dégoût, Vous aussi, vous avez dû rencontrer ces émotions. Je vous livre ici, un chapitre de mon livre, celui dans lequel je me transporte virtuellement à tuer mes « référents parents ». La colère, cette émotion qui nous met les nerfs à fleur à peau, qui nous rend acerbes, d’humeur noire et massacrante, qui nous laisse un goût amer de rancoeur et de ressentiment.

 

HOMICIDES VIRTUELS *

Déjà deux homicides virtuels volontaires à mon actif.

J’ai souhaité leurs morts autant que j’ai pu les aimer.

Je voulais qu’ils cessent de m’abîmer alors je les ai tués à l’intérieur de moi, je les ai arrachés de mon cœur et je les ai envoyés en enfer.

La colère doit jaillir de moi, elle doit naître, vivre et s’épuiser pour ne plus me faire mal, je la sens bouillir dans mon ventre, grossir et m’envahir comme une énorme lame de fond, violente. Je la retiens depuis si longtemps que j’ai peur de ne plus pouvoir la contrôler.

J’ai envie de hurler et de tout casser autour de moi, comme une révolutionnaire.

Je ne lâche que mes larmes de toutes mes tristesses de petite fille accumulées et jamais entendues de personne. Je n’ai envie que de çà, pleurer pour me vider entièrement, m’épurer de cette douleur qui me coule dans les veines depuis des années et enfin trouver la paix.

Cette guerre m’épuise, je n’ai plus de forces vitales, je vis comme un zombie, je suis morte-vivante mais c’est pire que la mort car je ressens tout comme une vivante. Des fois, je voudrais ne plus rien ressentir, je ne veux que dormir pour ne plus sentir cette brûlure dans mon ventre. Souvent je pense à la mort comme ultime libération, je m’accroche à la vie car j’ai des enfants et que je ne serai jamais assez lâche pour les abandonner.

Mes deux seules vérités, c’est grâce à eux si la vie est plus forte que tout ce mal.

Grâce à eux si je n’ai pas sombré dans la folie et si je suis restée en contact avec le monde, grâce aussi à l’écriture qui me permet de me savoir existante et sujet pensant capable d’aligner des mots et de faire jaillir de cet objet nul et inintéressant que je me pense être si souvent, un soupçon de créativité, dessinant des phrases comme on dessine des papillons, les ailes déployées vers l’avenir.

Grâce à l’homme rempli d’amour et de tendresse qui m’a aimée et subi les tempêtes et les cyclones, mes mensonges, mes trahisons, mes dépressions,  et qui a résisté à tous mes assauts de destruction, toujours debout et prés à accueillir tous mes maux de femme enfermée dans son château de petite fille qui a dit non, un jour, à l’Amour.

Il était une fois, l’histoire d’une Princesse. Déchue, abusée, trahie, abandonnée.

*Extrait du livre « Adieu Voleurs de Vie » 

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