La perversion du lavage de cerveau

Trouver sa véritable identité

Vous pensez que ce que vous êtes est votre véritable « identité » ?

Durant la plus longue part de ma vie,  j’étais dans un tel conditionnement induit par mes images parentales que je n’étais que l’ombre de moi-même, je passais à côté de moi, je vivais sans moi, je n’étais que « le produit fabriqué » d’un autre. Rien de ce que je pensais, ressentais et croyais ne m’appartenait. Rien de ce que je me faisais vivre ne provenait de moi.

Je n’étais qu’une machine programmée pour être l’oeuvre créée d’un parfait pervers narcissique. je grandissais dans une totale perversion de croyances qui allaient me faire perdre un temps précieux sur mon bonheur et ma liberté d’être.

Je découvrais vers l’âge de quarante trois ans que j’étais bipolaire et qu’il me faudrait vivre au jour le jour avec cette maladie.

 

AURORE, LUMIERE DE VIE  *

Aurore, déesse de l’aurore, est la première lumière du jour. Dès son réveil, elle part sur son char apporter la lumière aux hommes en semant des pétales de roses mais en tombant amoureuse, elle oublie tous ses devoirs et crée la confusion dans l’univers. Mais la raison l’emportant, elle revient dans le droit chemin,

« Guide éclatant des libéralités, est apparue ; radieuse elle nous a ouvert les portes. Branle des êtres vivants, elle a révélé nos richesses, l’aurore éveille toutes chose… »

Comme j’aimerais que ma vie commence tous les matins à l’aube, et que du levant au couchant, mes journées soient aussi lumineuses que l’aurore polaire.

Mais certains matins, prend naissance le désespoir, comme cela car d’un coup je me sens vide et parce que je ne sais plus voir, ce moment me paraît noir, comme une ride qui tue l’envie et je ne supporte plus d’être seule, ces jours où la mort rejoint la vie, où mon cœur tisse son linceul.

Nostalgie, je suis nostalgie, magie de la nuit, magie noire ma tristesse est de retour, certains soirs cet étrange désespoir n’est pas assagi, certaines nuits sont pour moi, éternité, elles ne s’éteignent parfois qu’au petit jour et c’est alors peut être un nouveau jour qui est né dans ma fragilité.

Avoir un déclic, se dire tout à coup que mes dysfonctionnements peuvent m’entraîner vraiment trop loin, plus loin que mon vrai désir de femme. Ce désir authentique enfoui au tréfonds de mon être luttant pour voir le jour et ne plus être enfermé dans les multiples dédales d’un inconscient décidément trop intrusif. Lorsque je suis ainsi dans mes ressentis de petite fille blessée, plus rien ne peut m’arrêter, je me transforme en animal dicté par ses seuls instincts et je suis prête à tout briser autour de moi. Ou comment les passions terrestres peuvent nuire à l’homme…

Mon impulsivité est à la fois ce qui m’a permis d’avancer dans mon parcours de vie mais c’est aussi ce qui fait de moi une adolescente retardée en prise avec son manque de recul face aux événements et très éloignée de l’image de la femme authentique qui se cache sous cet entrelacs d’émotions mal ou pas gérées. Je sais parfaitement que mes réactions sont inadéquates, qu’elles vont me nuire et qu’elles sont à l’opposé de toute construction d’esquisse d’un bonheur somme toute hypothétique.

L’Atlantide existe dans le cœur des hommes.

Je sais qu’il existe quelque part, je suis capable de me construire un petit Paradis terrestre m’apportant quelques moments de bonheur et d’amour mais je sais aussi que je peux me perdre dans l’immensité de mes désirs inassouvis, de mes fantasmes, dans ma lutte interminable contre le quotidien tueur d’émotions et d’énergie vitale. Il me faut grandir pour accepter de vivre ces heures interminables et dénuées d’intérêt que sont les queues aux caisses des supermarchés, le linge à plier et repasser, le repas à préparer, le balai à passer tout le temps, toutes ces petitesses des habitudes quotidiennes qui font de nous des automates en manque d’affection.

L’essentiel, la quête de tout homme se respectant. Comment envisager mon passage sur cette terre sans avoir trouvé le Graal, cette plénitude intérieure recherchée de tous les hommes, la transformation radicale de l’esprit et du cœur ?

Je le poursuis depuis longtemps mais je n’ai jamais su prendre les bonnes directions ni faire les bons choix, je me suis perdue dans les méandres de ma vision perturbée à ne pas connaître mes désirs, à me diriger à l’encontre de ce que la vie pourrait certainement m’apporter de mieux.

J’ai l’habitude d’aller mal, aussi j’ai peur de perdre mes habitudes.

Il y a ceux qui s’enferment dans des dépendances, dans des conduites addictives comme la drogue, l’alcool, le jeu, les miennes étaient le sexe et la nourriture. J’ai longtemps fermé les yeux sur mes déviances concernant la sexualité et je sais ne pas avoir une relation normale à la nourriture bien que je sois aujourd’hui sortie de ma boulimie. Je n’ai plus que rarement des pulsions à dévorer tout ce que mes placards contiennent, j’ai encore parfois des épisodes anorexiques durant lesquels je peux perdre quelques kilos et devenir trop mince, en dessous de mon poids de forme. Je ne me comporte jamais face aux aliments d’une manière saine, je n’aime pas me mettre à table n’y rester des heures à manger. Il y a comme une peur sous jacente mais je ne la connais pas. Je vais la découvrir, je ne suis qu’au début de l’exploration de moi, au début de cette fantastique aventure, « à la recherche de Thalia perdue », égarée depuis des années, depuis ce jour sans doute où ma mère a accouché comme une lettre à la poste et que je me sens comme un paquet ballotté en tous sens entre mes incohérences et  mes paradoxes.

Ma mère a demandé le divorce lorsque j’avais trois ans puis fit sa vie avec l’homme qui devint pour moi ange et démon, fit de ma vie une tour de Babel qui loin de me faire atteindre l’illumination céleste, m’anéantit peu à peu jusqu’à la confusion totale de mon identité.

Selon ma mère et lui, pas de tabou, sexe et amour à trois, à plusieurs, à bas la pudeur et les intimités. Leur seule apologie était celle d’Emmanuelle Arsan dans « l’hypothèse d’Eros » :

« C’est notre esprit qu’il est urgent de nettoyer de ses vapeurs et se débarrasser des déchets dont l’on encrassé des millénaires de stupeur religieuse. Alors la morale deviendra peut être une science de la vie heureuse, au lieu d’être un apprentissage de vieillissement et de solitude, ceux qui contestent une morale ne sont pas des ennemis de la morale mais les fondateurs d’une autre. »

Ainsi, le couple et sa morale fut revisité par ma mère et son homme.

* Extrait du livre « Adieu Voleurs de Vie »

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